La laque a une histoire longue et contradictoire dans la cuisine. Elle a été la promesse du modernisme, la marque de l'opulence des années 1970, puis le symbole de tout ce qu'on voulait fuir dans les années 2000. Et aujourd'hui, elle revient. Pas de la même façon, pas avec les mêmes codes. Mais elle revient.
Dans cet article
1. Les origines : la laque comme symbole du progrès
2. Les années 1970-80 : la laque de l'opulence
3. Les années 1990-2010 : le rejet
4. Aujourd'hui : le retour, mais différent
5. Ce que ce retour dit du marché
6. Jacamar et la laque
1. Les origines : la laque comme symbole du progrès
Dans les années 1950 et 1960, la cuisine laquée était une déclaration. On sortait de l'après-guerre, l'industrie promettait des matières nouvelles, lisses, faciles à nettoyer, imperméables au temps. La laque blanche ou crème représentait la modernité, l'hygiène, la rupture avec la cuisine paysanne en bois brut.
2. Les années 1970-80 : la laque de l'opulence
Des rouges profonds, des noirs laqués brillants, des façades qui réfléchissaient la lumière comme des carrosseries de voiture. Le laqué brillant était cher à produire, difficile à entretenir, et c'est précisément pour ça qu'il fascinait.
3. Les années 1990-2010 : le rejet
La génération qui a grandi avec les cuisines laquées brillantes de ses parents a voulu exactement le contraire : du bois, du naturel, de la chaleur. La laque a survécu, mais sous une forme plus discrète : les laques blanches mates, invisibles, neutres.
| Époque | Ce que la laque disait |
|---|---|
| 1950 et 1960 | La modernité, l'hygiène, la rupture avec le bois brut |
| 1970 et 1980 | L'opulence : rouges profonds, noirs brillants, effet carrosserie |
| 1990 à 2010 | Le rejet : la laque devient blanche, mate, neutre, invisible |
| Aujourd'hui | Des mats profonds et colorés, au service d'une forme galbée |
4. Aujourd'hui : le retour, mais différent
Ce qui revient en 2025 et 2026, ce n'est pas la laque brillante des années 1980. C'est quelque chose de plus sophistiqué : des laques mates dans des couleurs fortes, des façades aux formes bombées et profilées qui tirent parti de la capacité de la laque à révéler un galbe impossible en placage bois.
L'avis de l'atelier
Ce que la laque des années 1980 a vraiment laissé comme mauvais souvenir, ce n'est pas la couleur : c'est le brillant qui montrait tout, et le chant plastique qui jaunissait. Une laque mate sur un panneau dense, avec un chant traité comme la face, ne vieillit pas du tout de la même manière. Jugez donc une laque sur ces deux points là avant de juger sa teinte.
5. Ce que ce retour dit du marché
Le client d'une cuisine haut de gamme en 2026 est plus cultivé visuellement que jamais. Il sait distinguer une laque de mauvaise qualité d'une laque industrielle sérieuse. Il sait que la forme d'une façade compte autant que sa couleur.
6. Jacamar et la laque
Chez Jacamar, notre matière de référence est le chêne. Depuis 1865, nous travaillons le bois. Mais nous avons développé LACCA Jacamar, notre première façade entièrement laquée, précisément parce que nous avons observé ce retour de la laque avec les yeux d'artisans qui comprennent la forme. LACCA Jacamar n'est pas une réponse à une tendance. C'est notre réponse à une question : qu'est-ce qu'une façade laquée peut faire qu'une façade bois ne peut pas ? La réponse, c'est la courbe. La surface bombée.
À retenir
La laque a été tour à tour la modernité, l'opulence, puis le repoussoir.
Ce qui revient n'est pas le brillant des années 1980 mais un mat profond et coloré.
La laque contemporaine est au service d'une forme, pas seulement d'une couleur.
Jugez une laque sur son degré de mat et sur le traitement de ses chants.
La laque reprise comme matière de mobilier : une couleur profonde posée sur une forme, pas sur un simple panneau.
Pour aller plus loin : Laque mate ou laque brillante : laquelle choisir
Luc Deniel, fondateur de Jacamar


